11.

 

Personne n’attendait Winter quand il arriva. Il vit l’ouverture entre les arbres, ainsi que le bloc de rochers, les buissons et branchages sur les côtés, et des pans de ciel vespéral, rien d’autre.

La grotte, elle, était vide et dépourvue d’odeur.

Devant, l’herbe était à nouveau sèche comme du sable. Inutile de chercher des traces de pas. Il allait appeler quelqu’un qui rechercherait d’éventuels objets qui n’étaient pas là auparavant. On ne savait jamais. On ne savait jamais, se répéta-t-il.

Il décrivit un arc de cercle autour de la clairière, avant de reprendre rapidement le chemin qui se trouvait derrière et de le suivre sur une cinquantaine de mètres. Puis il revint en arrière et retrouva Angela et Elsa, assise dans la poussette, qui le regarda avec de grands yeux en le voyant arriver en se glissant sous un fourré.

— Si tu veux jouer à cache-cache, tu pourrais nous prévenir, avant de commencer, dit Angela. À moins que tu ne veuilles te dissimuler et ensuite te chercher toi-même.

Il brossa les aiguilles de conifères de ses épaules et voulut prendre son paquet de cigarillos dans sa large poche intérieure.

— C’est le moment ou jamais d’arrêter, lança Angela, qui avait remarqué son geste.

Winter vit le paquet qui gisait sur le sol, à l’endroit où il s’était baissé. Plusieurs des cigarillos qu’il contenait s’en étaient échappés et formaient un demi-cercle sur le sol. Il alla ramasser le paquet, et, en prenant les cigarillos les uns après les autres, il vit le bouton, près de l’avant-dernier. Un simple bouton de chemise, blanc naturellement ou artificiellement.

S’il avait été là quand ils avaient installé le périmètre de sécurité après le meurtre d’Angelika, et après le viol de Jeanette, ils l’auraient vu.

Après cela, n’importe qui avait pu perdre un bouton à cet endroit.

— As-tu un mouchoir en papier ? demanda-t-il en se tournant vers Angela, toujours accroupi.

Celle-ci sortit un Kleenex de son sac, Winter alla le prendre et en enveloppa le bouton.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Un bouton.

— Ah bon ?

— Un bouton de chemise, je crois.

— Ça nous permet de te voir à l’œuvre, C’est ainsi que travaillent les détectives, tu vois, ajouta-t-elle à l’intention d’Elsa. Prends-en de la graine.

— Tu veux qu’elle soit dans la police, elle aussi, par la suite ? demanda Winter en se penchant à nouveau mais, près de la poussette, cette fois, en entendant Elsa marmonner quelque chose. Elle a dit : détective.

— Non, elle a dit perspective, corrigea Angela en le regardant avec un sourire. Je crois qu’elle estime qu’il faut conserver une certaine perspective par rapport à soi-même et à son travail, ajouta-t-elle en regardant les buissons. On va s’amuser comme ça pendant longtemps ?

— Il m’a semblé voir quelqu’un.

— Mon Dieu, soupira Angela.

— C’est plus compliqué que tu ne le penses.

— Oh oui, en effet.

— Il y avait quelqu’un, là-bas. Et ce n’était pas un simple… passant.

— N’oublie pas le bouton, Erik.

Elle avait soudain aperçu une ombre dans ses yeux. Il faisait un peu plus frais sous les arbres, maintenant. Elsa voulut descendre de la poussette et il l’aida.

— Excuse-moi, Erik, reprit Angela. Je n’ai pas pu m’en empêcher. Je sais que c’est sérieux… et important. Affreux.

— Je t’en prie.

Il prit Elsa dans ses bras et ils retournèrent au bassin.

— Tu crois que… il va revenir sur le lieu de son crime ?

— Oui.

— Tu penses que c’est toujours le cas ?

— Mon expérience et celle des autres m’incitent à le penser.

— Et cette ombre… ça pourrait être lui ?

Winter haussa les épaules.

— Quand je l’ai vue, j’ai eu fortement l’impression que c’était quelqu’un… d’important. Dans cette affaire, ajouta-t-il en lui lançant un regard, Elsa sur l’épaule. Mais je n’en suis plus aussi sûr, merde.

— Merde, répéta Elsa.

C’était l’un des premiers mots qu’elle prononçait correctement.

— Qu’est-ce que la vie privée ? demanda Halders à Aneta Djanali, assise à côté de lui dans la voiture parquée devant la maison particulière de la famille Hansson.

Elle sentait l’odeur de mer par la fenêtre ouverte.

— Quand une vie cesse-t-elle d’être privée ? poursuivit-il en se tournant vers elle. Je ne suis pas capable de distinguer mes différentes formes d’existence, moi.

— Non.

— Voilà que je deviens philosophe, ricana-t-il. Un philosophe… privé. Ou plutôt : amateur, précisa-t-il avec un petit rire encore un peu plus sarcastique.

Il faudrait qu’il reste chez lui, pensa Aneta. Pourquoi Winter ne le décharge-t-il pas de cette enquête ? Ou alors Birgersson. Il serait moins délicat que ce soit lui qui la mène.

— Je vois que tu estimes que je devrais rester à la maison pendant un certain temps, dit-il. C’est ce que tu penses, en ce moment, hein ?

— En effet.

— Je te comprends mais tu te trompes, dit-il en ouvrant la portière. Le travail de deuil peut se faire de bien des façons différentes, ajouta-t-il en posant le pied sur le sol. Si je constate que les enfants ne veulent plus aller à l’école ou qu’ils ont des problèmes d’une nature ou d’une autre, je laisserai tomber. Pas avant. Tu viens ? demanda-t-il en se penchant vers Aneta.

Lars-Olof et Ann Hansson étaient assis chacun à une extrémité du canapé, en face d’Aneta Djanali et de Halders, chacun installé dans un fauteuil. Elle a l’air perturbée, Aneta lorsque la mère d’Angelika se tourna vers le jardin comme si elle étudiait toutes les nuances de vert de celui-ci.

Lars-Olof Hansson, lui, baissait les yeux vers la table.

Sur l’un des rayonnages de la bibliothèque qui se trouvait derrière le couple trônait un portrait récent d’Angelika. Sa casquette blanche d’étudiante contrastait très violemment avec la couleur de sa peau. Elle est encore plus foncée que la mienne, pensa Aneta.

Lars-Olof Hansson avait suivi le regard d’Aneta et se retourna.

— Elle a été prise il n’y a pas plus de cinq semaines.

Aneta hocha la tête.

— Nous l’avons eue à peu près à cet âge-là, dit le père.

— Ça suffit, s’écria la mère en se levant et se précipitant hors de la pièce.

— C’était stupide de ma part, c’est vrai, reconnut-il d’une voix dépourvue d’intonation, en regardant Aneta. Êtes-vous née ici, vous ?

Il est éperdu de chagrin, pensa Halders. Il est capable de dire n’importe quoi à n’importe quel moment et sans y penser. Le travail de deuil peut se faire de bien des façons différentes.

— Eh oui, dit Aneta. À l’hôpital Est. Mais mes parents sont originaires d’Afrique.

— D’où ça ?

— De Haute-Volta. C’était ainsi que ça s’appelait quand ils sont arrivés, du moins. Désormais, le pays s’appelle Burkina-Faso.

— Mmm, commenta Hansson en baissant à nouveau les yeux vers la table avant des les lever à nouveau. Vous y êtes déjà allée ?

— Oui.

— Comment était-ce ?

— Bah… je ne connaissais rien du pays. Encore moins que je ne l’imaginais avant. C’est moi qui ai voulu y aller.

L’audition prend un tour imprévu, mais bon, pensa-t-elle.

— Angelika voulait y aller, elle aussi, déclara Lars-Olof Hansson au moment précis où sa femme revenait dans la pièce.

— N’en dis pas plus, Lasse, fit-elle.

Elle le regarda avec une expression qu’Aneta ne lui avait pas encore vue et il eut soudain l’air totalement dépourvu. Comme quelqu’un en train de se noyer, pensa-t-elle.

— En Ouganda, eut-il seulement le temps de préciser. Ensuite ils ne purent évoquer plus longuement l’origine d’Angelika – ni celle d’Aneta.

— Nous avons du mal à reconstituer l’itinéraire d’Angelika pour rentrer chez elle cette nuit-là, reprit Halders.

— Qu’est-ce que j’y peux ? demanda Lars-Olof Hansson en se levant et allant s’appuyer contre le mur, près de la porte de la terrasse. Je vous ai rapporté tout ce que je sais.

— Pourquoi est-elle restée seule en ville pendant plusieurs heures ? Sans aucun camarade ?

— C’est vous qui le dites.

— Parmi tous ceux avec lesquels nous nous sommes entretenus, il n’y a eu personne pour lui tenir compagnie pendant près de quatre heures, ce soir-là. Ou au début de la nuit.

— Je vous ai dit tout ce que je sais, répéta Hansson.

— Que faisait-elle ?

— Je n’en sais rien, je vous l’ai déjà dit.

— Elle travaillait ?

— Travaillait ?

— Enfin, un petit boulot de vacances.

— Elle nous l’aurait dit.

— Lui arrivait-il d’aller en ville seule ?

— Est-ce que c’est si extraordinaire que ça ?

— Répondez à ma question.

— Je ne l’ai jamais suivie à la trace.

Voyant que l’homme s’apprêtait à poursuivre, Halders observa une pause.

— Elle pensait beaucoup à… ses origines. Elle était… perturbée, je ne sais pas si c’est le mot exact, ajouta-t-il en regardant sa femme, qui restait muette. Et ça ne faisait qu’empirer. Peut-être songeait-elle à ça quand elle était seule. Je ne sais pas.

— Était-elle déprimée ?

— Je ne sais pas, répéta-t-il. Je ne sais pas, bon sang.

— Et des petits amis… commença à dire Aneta.

Ann Hansson leva les yeux et Aneta se tourna vers elle.

— Vous y avez sûrement… beaucoup pensé, ces jours-ci.

La femme hocha la tête. Son visage revêtit soudain la même expression que celui de son mari auparavant. Le même air désemparé.

— Nous n’avons fait que ça.

Aneta attendit un instant. Elle voulait lui fournir des pistes, comme il était recommandé de le faire en pareil cas, mais n’en trouvait pas.

— Elle n’avait pas de petit ami, dit Ann Hansson. Pas à notre connaissance, en tout cas.

— Vous en avez parlé ?

— Parlé ? Lasse et moi ?

— Angelika et vous, corrigea Aneta.

— Comment dire… bien sûr que nous en avons parlé. Mais elle n’avait pas encore de petit ami… régulier, affirma Ann Hansson en se mettant à pleurer calmement, pour la première fois depuis leur arrivée. Je n’arrive pas à croire que… qu’elle ait été enceinte. C’est comme un cauchemar au milieu du cauchemar.

— Ce n’est pas un cauchemar, coupa son mari en la regardant. C’est la réalité. Il faut avoir le courage de le dire, non ?

Bergenhem était assis dans le bureau de Winter. Il était neuf heures et demie du matin. Le ventilateur faisait un bruit infernal au-dessus de leurs têtes. Bergenhem était bronzé, après avoir passé quelques heures sur les rochers, au nord-ouest de la ville. Il a l’air en meilleure forme que depuis longtemps, pensa Winter. Plus calme.

— Elle avait peut-être un petit ami, malgré tout, dit Bergenhem. Ce matin, j’ai rencontré une de ses copines, qui rentrait juste de Paris et qui m’a dit qu’elle l’avait vue une ou deux fois avec un garçon. Deux fois, pour être précis, reprit-il après avoir regardé dans son bloc-notes. Tu auras ça par écrit après la réunion.

— Avec un garçon.

— Oui. À deux reprises, elle a vu Angelika avec lui ; une fois dans un café où elle lui avait donné rendez-vous ; une autre, elle les a vus marcher dans la rue en passant près d’eux en tramway. Dans le café, le garçon était en train de s’en aller et ils avaient seulement eu le temps de se dire « salut ».

— Elle ne l’a vu que ces deux fois-là ?

— Oui.

— Jamais seul ? Ou avec d’autres ?

— Non, ni l’un ni l’autre.

— Qu’est-ce que lui a dit Angelika à ce sujet ?

— Elles n’en ont jamais parlé.

— Mmm.

— Elle lui a posé la question, bien entendu, mais Angelika ne lui a pas répondu.

— Comment ne lui a-t-elle pas répondu ?

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Est-ce qu’elle a éclaté de rire, eu l’air fâchée, gênée, furieuse, déçue ? Est-ce qu’elle a semblé avoir peur ?

— Je ne sais pas.

— Eh bien demande-le-lui.

— Bien sûr.

— Et cette copine ne connaissait pas le garçon ?

— Non.

— Quand la revois-tu ?

— Ce matin. Je voulais t’en parler avant.

— Bon. Vas-y avec Bertil.

Bergenhem hocha la tête.

— Je veux savoir très vite qui est ce garçon. Il est quelque part dans la nature, dit Winter.

Impossible de le trouver. Au bout de plusieurs auditions, ils n’avaient toujours pas progressé, et on aurait dit que la seule chance de mettre la main sur lui était que Cécilia, la copine d’Angelika, le voie quelque part en ville.

Elle avait seulement pu donner un signalement assez vague.

Il s’écoula un jour de plus. Ils s’apprêtaient à lancer un avis de recherches le concernant, mais tout était encore très flou et ce garçon n’avait toujours pas de visage.

— S’il n’est pas à l’étranger, il se serait sûrement manifesté de lui-même, dit Bertil Ringmar au cours de la réunion du matin.

Le bras droit, un peu plus âgé, de Winter était assis légèrement à l’écart du reste du groupe. On va être de moins en moins nombreux au fil des semaines, pensa Winter, surtout si nous n’obtenons aucun résultat, mais on ne le saura pas avant d’avoir quelque chose qui ressemble à un début de solution.

— Est-ce qu’on a mis un nom sur toutes ses connaissances ? s’enquit Bergenhem.

— On a entendu tous ceux qu’on connaît, répondit Ringmar. Ceux qui sont chez eux, en tout cas, ceux-là on les connaît tous. Ce n’est pas le cas pour ceux qui sont à l’étranger.

— Ils se sont peut-être rencontrés par hasard, dit Aneta Djanali. Et puis Cecilia peut s’être trompée. Ce n’était pas forcément le même garçon les deux fois.

— Pourquoi Angelika n’a-t-elle rien voulu dire ? demanda Bergenhem. De ce garçon qu’elle a rencontré une fois, ou deux. À moins que ce ne soit pas le même la seconde, mais ce n’est pas mon avis. Elle n’avait qu’à le dire.

Il n’est peut-être plus vivant, ce garçon, songea Halders.

La sonnerie du téléphone la réveilla et elle répondit d’une voix pâteuse.

— Allô ?

— Je ne t’ai pas réveillée, au moins ?

— Si, dit-elle en se mettant sur son séant.

Il faisait presque noir, dehors, ce qui signifiait qu’on était au milieu de la nuit. Cela sentait les algues et les fleurs, par la fenêtre restée ouverte.

— Excuse-moi.

— Qu’est-ce que tu veux ?

— Est-ce que tu peux bosser, demain ? Une dernière fois.

— Je t’ai déjà dit que je ne voulais pas.

— Anne.

— Non.

— Bon, bon.

— Ne m’appelle plus.

— Je le ferai peut-être quand même.

Elle sentait la peur s’insinuer en elle. Sa voix la trahissait. Elle le savait et elle savait qu’il le savait.

— Tu n’as pas à avoir peur, dit-il. Je veux que tu viennes ici demain.

— Je ne veux pas bosser. Et je n’ai pas peur. Pourquoi aurais-je peur ?

— Viens, je te dis. Il faut qu’on parle.

— Inutile. Je te l’ai déjà dit.

— Mmm.

— Mille fois.

— À bientôt.

C’est Winter qui tint la conférence de presse. Il y avait autant de journalistes que chaque fois qu’il s’agissait d’un acte de violence. Il comprenait pourquoi mais n’aimait pas les conférences de presse. Pourtant, il n’avait pas d’opinion arrêtée sur les journalistes. Ils faisaient leur travail, certains plutôt bien, d’autres plutôt mal.

Il avait besoin des médias autant que ceux-ci avaient besoin de lui.

Cette fois-ci, il en aurait plus besoin que d’habitude. Même s’il n’en avait pas encore la certitude, il s’en doutait – c’était là, à l’arrière de sa tête, tandis qu’il s’efforçait de dissimuler le plus possible les détails de l’enquête à la presse réunie.

Je voudrais que cela ne finisse jamais
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